SpaceX va abaisser l’orbite de plus de 4 000 satellites Starlink pour des raisons de sécurité spatiale, dans le cadre d’une reconfiguration majeure de sa constellation. Actuellement positionnés à environ 550 km d’altitude, ces engins vont descendre jusqu’à 480 km, annonce Michael Nicolls, vice-président de l’ingénierie chez SpaceX. Cette mesure vise à anticiper l’approche du minimum solaire, une phase du cycle de 11 ans du Soleil où son activité diminue.
Cette baisse d’altitude répond à un enjeu technique critique : lors d’un minimum solaire, la densité de l’atmosphère terrestre diminue, ce qui allonge considérablement le temps de décroissance balistique des satellites. En pratique, cela signifie qu’un satellite défaillant mettra plus de quatre ans à se désintégrer naturellement, contre seulement quelques mois à l’altitude réduite. « Abaisser les satellites permettra une réduction de plus de 80 % de ce temps de décroissance », précise Michael Nicolls. L’objectif est clair : accélérer la désintégration des satellites hors de contrôle pour limiter les risques de débris en orbite.
Un défi pour la sécurité spatiale
Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de gestion des risques en orbite basse, où la congestion des satellites est devenue un problème majeur. Avec près de 9 300 satellites actifs (soit 65 % des engins en orbite autour de la Terre), Starlink représente à elle seule la constellation la plus dense jamais déployée. Les risques de collisions ou de fragmentation sont donc amplifiés.
Récemment, SpaceX a reconnu deux incidents significatifs :
- Un satellite Starlink a subi une anomalie interne provoquant une chute rapide et la libération de débris, suivis par les systèmes de surveillance.
- Un autre satellite a frôlé une collision avec un engin chinois de l’opérateur CAS Space, un épisode attribué à un manque de coordination entre opérateurs. « Lorsque les données de trajectoire ne sont pas partagées, des rapprochements dangereux peuvent se produire », a averti Michael Nicolls.
En abaissant ses satellites, SpaceX réduit aussi la probabilité de collisions : le nombre de débris est « nettement plus faible en dessous de 500 km d’altitude », selon le dirigeant. Cette mesure s’ajoute aux efforts de l’entreprise pour optimiser la durabilité de sa constellation, dans un secteur où la sécurité spatiale devient une priorité absolue.
